Ce chapitre installe le vocabulaire que vous emploierez dans tous les autres. Rien n'y est difficile pris isolément : la difficulté est de parler juste. Dire « appartient à » ou « est inclus dans » n'est pas la même chose, et confondre les deux rend un raisonnement faux même quand l'intuition est bonne.
Appartenance et inclusion
Élément et ensemble
Un ensemble est une collection d'objets, appelés ses éléments. Si l'objet est un élément de l'ensemble , on écrit et on lit « appartient à ». Sinon on écrit .
Un ensemble peut se décrire en extension, en listant ses éléments entre accolades : . Il peut aussi se décrire en compréhension, par une propriété : est l'ensemble des entiers impairs compris entre et .
Sous-ensemble
On dit que est inclus dans , et on écrit , lorsque tout élément de est aussi un élément de . On dit alors que est un sous-ensemble (ou une partie) de .
Ne pas confondre et
relie un élément à un ensemble ; relie deux ensembles. Avec :
- est vrai, mais n'a aucun sens ;
- est vrai, mais est faux, car les éléments de sont des nombres, pas des ensembles.
Les ensembles de nombres s'emboîtent
Tout entier naturel est un entier relatif, tout entier relatif est un décimal, et ainsi de suite. Ces inclusions sont strictes : mais , et mais .
Réunion, intersection, complémentaire
Les trois opérations
Soient et deux ensembles.
- L'intersection est l'ensemble des éléments qui appartiennent à la fois à et à .
- La réunion est l'ensemble des éléments qui appartiennent à ou à (ou aux deux).
- Si , le complémentaire de dans , noté , est l'ensemble des éléments de qui n'appartiennent pas à .
Le « ou » des mathématiques est inclusif
Dans la langue courante, « fromage ou dessert » exclut d'avoir les deux. En mathématiques, jamais : est vrai dès que est dans , dans , ou dans les deux. C'est une source d'erreur constante.
Calcul sur des ensembles finis
Prenons , et .
- : seul est dans les deux.
- : on prend tout, sans répéter .
- : ce qui reste de quand on retire .
Propositions, négation, implication
Proposition
Une proposition est un énoncé dont on peut dire s'il est vrai ou faux — pas les deux. « est un nombre pair » est une proposition (fausse). « » n'en est une qu'une fois fixé.
Nier une proposition
La négation d'une proposition , notée « non », est vraie exactement quand est fausse. Trois cas reviennent sans cesse :
- 1
La négation de « » est « » ; celle de « » est « » — et non « », car il faut conserver le cas .
- 2
La négation de « et » est « non ou non » : le « et » devient « ou ».
- 3
La négation de « ou » est « non et non » : le « ou » devient « et ».
Implication et équivalence
« » se lit « implique » : dès que est vraie, l'est aussi. Si de plus , on écrit et on dit que et sont équivalentes.
Une implication ne se retourne pas
n'entraîne jamais . Si alors : c'est vrai. Mais n'entraîne pas , puisque peut valoir . Beaucoup d'erreurs de résolution viennent de là.
Prouver qu'une proposition est fausse
Pour montrer qu'un énoncé du type « pour tout , … » est faux, il suffit d'exhiber un seul cas qui le contredit : un contre-exemple.
- 1
Énoncer clairement la proposition à réfuter.
- 2
Choisir une valeur pour laquelle l'hypothèse est vérifiée mais la conclusion non.
- 3
Vérifier explicitement les deux points sur cette valeur, par le calcul.
Un contre-exemple rédigé
Proposition : « pour tout réel , ».
Prenons . Alors et . La conclusion est donc fausse pour cette valeur : la proposition est fausse.
Un seul contre-exemple suffit — inutile d'en donner plusieurs.
À retenir
relie un élément à un ensemble, relie deux ensembles.
.
: dans les deux. : dans l'un au moins — le « ou » est inclusif.
Nier « et » donne « ou », nier « ou » donne « et ». La négation de est .
Une implication ne se retourne pas : , mais pas l'inverse.
Un seul contre-exemple suffit à réfuter une proposition universelle.